No Image x 0.00 + POST No Image

Une seule habitude peut presque diviser par deux votre risque de démence

SHARE
0

Dans le corps, un rythme de 24 heures, connu sous le nom de rythme circadien, coordonne silencieusement notre sommeil, notre réveil, nos repas et notre récupération. Ce système interne d’horloge aide à maintenir les organes et les hormones en synchronisation. Lorsqu’il est perturbé, les effets peuvent s’étendre bien au-delà d’un simple sommeil insuffisant, avec des preuves qui s’accumulent indiquant des répercussions possibles sur la santé cérébrale à long terme. Cette notion remet en question notre compréhension de la démence et du lien entre le sommeil et la santé générale. Lien associé : Alzheimer peut détourner les horloges de vos cellules, laissant entrevoir de nouveaux traitements.

Une seule habitude peut presque diviser par deux votre risque de démence

Le rythme circadien, un chef d’orchestre silencieux du corps

Le rythme circadien régule les processus quotidiens, notamment l’heure du sommeil, la libération d’hormones, le rythme cardiaque et la température corporelle. Lorsqu’il se dérègle, les effets peuvent s’étendre bien au-delà d’un sommeil de mauvaise qualité, avec des signes croissants de répercussions sur la santé cérébrale à long terme. Dans la grande étude de 2025, menée sur plus de 2 000 personnes dont l’âge moyen était de 79 ans, ceux qui avaient un rythme circadien fort présentaient un risque de démence près de la moitié moindre. Sur trois ans de suivi, la démence est apparue chez 7 pour cent des participants présentant des horloges corporelles irrégulières, mesurées à l’aide de moniteurs de fréquence cardiaque, contre 10 pour cent chez ceux dont les rythmes restaient plus réguliers. Les rythmes circadiens perturbés sont souvent associés à un sommeil de mauvaise qualité. Pendant des décennies, un sommeil insuffisant a été soupçonné de contribuer à la démence et aux maladies cardiaques, qui partagent plusieurs facteurs de risque communs. Dans l’étude de 2025, la mauvaise santé cardiaque et l’hypertension artérielle, toutes deux souvent liées à une perturbation du sommeil, ont été prises en compte dans l’analyse. L’apnée du sommeil, toutefois, n’a pas été prise en compte.

Le rythme circadien, un chef d’orchestre silencieux du corps

Apnée du sommeil et démence une relation complexe

L’apnée du sommeil est une affection fréquente au cours de laquelle la respiration s’arrête et recommence pendant le sommeil, réduisant l’apport d’oxygène au cerveau et élevant la tension artérielle. Sa relation avec la démence reste débattue, en grande partie parce que l’apnée du sommeil est plus fréquente chez les personnes présentant déjà des facteurs de risque de démence tels que l’obésité, le diabète, le tabagisme et l’alcool. Cette coïncidence rend difficile de déterminer si l’apnée du sommeil augmente directement le risque de démence ou si elle reflète une vulnérabilité métabolique et cardiovasculaire plus large. Cette revue suggère que traiter l’inactivité physique liée à la fatigue provoquée par un sommeil perturbé pourrait être une approche prometteuse. Augmenter l’activité pourrait réduire l’obésité, améliorer la qualité du sommeil et soutenir la santé des cellules cérébrales, potentiellement en abaissant le risque de démence via plusieurs voies à la fois. D’autres explications peuvent aussi aider à éclaircir le lien entre rythme circadien perturbé et démence. L’une concerne le système immunitaire, qui est influencé par les rythmes circadiens et le sommeil et qui joue un rôle dans les maladies cardiaques et la neurodégénérescence. Une autre théorie avance que le sommeil soutient l’élimination des protéines toxiques du cerveau, y compris les plaques amyloïdes qui caractérisent la maladie d’Alzheimer, par un système de déchets qui semble plus actif pendant le sommeil. Bien que cette hypothèse d’élimination soit largement discutée, les preuves demeurent mitigées. Certaines études chez l’animal, y compris chez la souris, ont montré une réduction plutôt qu’une augmentation de l’élimination des toxines pendant le sommeil. Les résultats chez l’animal doivent être interprétés avec prudence, car les schémas de sommeil chez la souris diffèrent sensiblement de ceux des humains, en particulier chez les personnes âgées. La mise à jour de la Commission Lancet sur la prévention de la démence a conclu que dormir plus longtemps ou moins longtemps est peu susceptible d’être un facteur de risque indépendant. Une raison est que les données du monde réel sur les perturbations du sommeil n’indiquent pas clairement que la durée du sommeil soit le principal moteur du risque. Bien que le travail nocturne soit associé à des risques accrus de démence, les études n’ont pas systématiquement montré un risque plus élevé chez les travailleurs de nuit par rapport à ceux de jour. Si la perturbation du sommeil seule était responsable, on s’attendrait à un risque plus élevé pour les nocturnes. Cela suggère que la perturbation circadienne peut jouer un rôle indépendant de la durée du sommeil. Toutefois, le travail de nuit est aussi associé à des habitudes de vie malsaines, notamment une alimentation moins saine, le tabagisme, l’alcool et une activité physique variable. Les auteurs de Lancet soutiennent aussi que si l’élimination de l’amyloïde se produit chez l’homme, elle se produirait probablement au cours des deux premières heures de sommeil, lorsque le sommeil profond est le plus prononcé. Le sommeil profond est généralement préservé même lorsque la durée totale du sommeil chute sous sept heures. Ils ont donc suggéré que le sommeil fragmenté et les rythmes biologiques perturbés pourraient être des conséquences précoces des changements cérébraux liés à la démence, et non des causes. Les plaques toxiques pourraient s’accumuler dans les régions du cerveau qui régulent le sommeil et l’éveil bien avant que les problèmes de mémoire n’apparaissent. Alors faut-il déprioriser le sommeil dans la prévention de la démence ? Le conseil de Lancet n’était pas de restreindre le sommeil. Les preuves liant un sommeil long, défini comme plus de huit heures, au risque de démence n’étaient pas soutenues lorsque l’on prenait en compte les données plus larges. Un essai récent a testé un programme personnalisé combinant plusieurs approches, telles que l’exposition à la lumière, la planification du sommeil, l’activité diurne et le soutien des aidants, pour améliorer le sommeil chez les personnes atteintes de démence. Après huit mois, le sommeil s’est amélioré dans le groupe d’intervention, bien que le sommeil se soit aussi amélioré avec les soins habituels. L’effet global était faible à modéré, et il n’y avait pas d’amélioration des comportements liés à la démence ou de la santé générale. Ces approches peuvent bénéficier aux aidants en soutenant les routines, mais leur impact sur les personnes atteintes de démence semble limité. Les deux types de privation de sommeil, aiguë et chronique, notamment la perte du sommeil profond et du sommeil paradoxal (REM), peuvent altérer la mémoire. On ne sait pas encore avec certitude si le manque de sommeil réparateur augmente le risque de démence à long terme et si traiter les troubles du sommeil peut prévenir la démence. Parce que l’amélioration du sommeil est souvent présentée comme une stratégie de prévention, les médicaments utilisés pour traiter l’insomnie doivent aussi être examinés. Les sédatifs tels que les benzodiazépines ont été associés à un risque accru de démence, ainsi qu’à une somnolence diurne, des chutes et des accidents. La mélatonine, bien utilisée par beaucoup, n’a pas montré de bénéfices cohérents pour améliorer le sommeil chez les adultes. Cela dit, il existe des méthodes basées sur des preuves pour améliorer le sommeil et soutenir des rythmes circadiens sains. Un exercice régulier modéré, d’environ 30 minutes par jour, idéalement dehors et avant midi, est l’un des plus efficaces. En bonus, l’activité physique est aussi l’un des facteurs de protection les plus forts contre les maladies cardiaques et la démence. So wrap up warm and get walking. Eef Hogervorst, Professeur de psychologie biologique, Université de Loughborough.

Apnée du sommeil et démence une relation complexe

Cet article est republié de The Conversation sous licence Creative Commons

Cet article est republié du The Conversation sous licence Creative Commons. Lisez l’article original. Read a reproduction of the article under the Creative Commons licence. — Note: les détails peuvent varier d’une langue à l’autre, mais l’esprit du texte demeure.

Cet article est republié de The Conversation sous licence Creative Commons