Des thérapies qui réveillent la parole chez deux tiers des enfants autistes
Participer à des thérapies de langage sur de plus longues périodes pourrait aider la plupart des enfants autistes à prononcer leurs premiers mots, selon une étude. L’autisme, qui touche environ 1 enfant sur 31 aux États‑Unis, est souvent associé à des difficultés d’élocution, laissant de nombreux enfants non verbaux ou apprenant à parler bien plus tard que leurs pairs neurotypiques. Les enfants autistes présentant des problèmes de langage ont longtemps bénéficié de thérapies intensives, d’exercices verbaux et d’aides à la communication au cours de leurs premières années scolaires. Une nouvelle étude suggère que les thérapies de langage ne sont pas seulement efficaces, mais que deux tiers des enfants autistes sont susceptibles d’apprendre à parler grâce à elles.
In This Article:
- Une étude Drexel sur plus de 700 enfants préscolaires révèle que deux tiers parlent après des thérapies
- La durée de la thérapie prime sur son intensité pour de meilleurs résultats
- Des thérapies variées et les approches utilisées
- Résultats détaillés et ce qui peut prédire le progrès
- Limites de l’étude et pistes pour de futures recherches
Une étude Drexel sur plus de 700 enfants préscolaires révèle que deux tiers parlent après des thérapies
Les chercheurs, issus de Drexel University à Philadelphie, ont suivi plus de 700 enfants préscolaires atteints de trouble du spectre autistique qui avaient reçu des thérapies d’intervention du langage sur une période comprise entre six mois et deux ans. En moyenne, les enfants passaient environ 10 heures par semaine en thérapie. Parmi les participants, deux tiers ont développé un langage parlé, tandis qu’un tiers est resté non verbal ou n’a pas progressé. Les experts pensent que l’amélioration du langage serait due à des thérapies telles que le Early Start Denver Model (EDSM), qui met l’accent sur le jeu et la construction de relations positives pour stimuler le langage. D’autres méthodes utilisées incluaient la thérapie TEACCH, qui utilise des indices visuels et des espaces et emplois du temps organisés pour renforcer l’élocution. Une étude de Drexel University a aussi montré que la plupart des enfants autistes qui suivaient des thérapies du langage pendant au moins six mois avaient amélioré leurs compétences linguistiques (image d’illustration).
La durée de la thérapie prime sur son intensité pour de meilleurs résultats
L’équipe estime que la durée de la thérapie, plutôt que son intensité, serait associée à de meilleurs résultats chez les enfants non verbaux. Autrement dit, au lieu de consacrer 20 à 40 heures par semaine sur une courte période, passer des mois ou des années avec environ 10 heures par semaine pourrait être plus efficace. Dr Giacomo Vivanti, auteur de l’étude et professeur associé et chef de l’Unité de Détection Précoce et d’Intervention à l’AJ Drexel Autism Institute, déclare : « Lorsque les parents me demandent si leur enfant doit suivre ces interventions pour gagner le langage parlé, la réponse après avoir mené cette étude est toujours oui. » « Ce que notre étude nous dit, c’est que même lorsque nous mettons en œuvre des pratiques fondées sur des preuves, certains enfants restent derrière. Nous devons donc surveiller attentivement la réponse de chaque enfant et voir quoi ajouter ou modifier pour adapter la thérapie à l’individu selon les besoins. »
Des thérapies variées et les approches utilisées
Plusieurs approches sont utilisées dans l’étude. EDSM — Early Start Denver Model — met l’accent sur le jeu et la construction de relations positives pour stimuler le langage. TEACCH — Treatment and Education of Autistic and Related Communication Handicapped Children — utilise des indices visuels et des espaces et emplois du temps organisés pour améliorer l’élocution. Naturalistic Developmental Behavioral Interventions (NDBI) — interventions basées sur le jeu avec des activités initiées par l’enfant. Early Intensive Behavioral Intervention (EIBI) — une thérapie souvent en tête‑à‑tête visant des compétences sociales et d’autonomie comme s’habiller.
Résultats détaillés et ce qui peut prédire le progrès
À l’entrée de l’étude, la majorité des participants, 66 %, étaient considérés comme « à peine parlants », c’est‑à‑dire incapables de former des phrases courtes avec des mots. 66 % des enfants qui n’étaient pas parlants au départ ont appris des mots isolés ou ont progressé dans leurs capacités linguistiques à la fin des thérapies. Parmi ceux qui étaient à peine parlants au départ, 50 % sont parvenus à combiner des mots en phrases. Cependant, un tiers des enfants qui avaient commencé sans parler restaient non parlants après deux ans. En outre, la moitié du groupe « à peine parlants » n’a pas progressé. Les chercheurs ont identifié que les enfants qui n’avançaient pas avaient tendance à suivre des thérapies pendant des périodes plus courtes, par exemple moins de six mois, mais avec davantage d’heures par jour. À l’inverse, les enfants en thérapie sur six mois à deux ans étaient plus susceptibles d’obtenir des gains linguistiques. Les enfants capables d’imiter les sons et les gestes dès le départ avaient également plus de chances de progresser dans leur langage. Vivanti déclare : « Ces prérequis de la communication sans parole peuvent aider à créer une infrastructure pour le langage parlé. Imiter ce que les autres font peut les aider plus tard à imiter ce que les gens disent, et à partir de là utiliser le langage pour exprimer leurs pensées. »
Limites de l’étude et pistes pour de futures recherches
Plusieurs limites ont été identifiées, notamment le fait que les enfants n’ont été suivis que jusqu’à deux années au maximum. L’équipe suggère toutefois que cela pourrait conduire à des recherches plus approfondies et complètes. « Souvent, les chercheurs hésitent à partager les données d’intervention et examinent des enfants qui ne montrent pas une réponse optimale à leurs interventions, surtout pour des interventions déjà établies comme « evidence-based » », a déclaré Vivanti. « Ce travail montre une volonté dans la communauté de l’intervention précoce de collaborer sur les données et d’en apprendre davantage sur la façon d’aider tous les enfants. »